Alexis Cordesse
Alexis Cordesse (Paris, 1971) est un photographe dont le travail avec l’image est souvent associé à un travail avec les mots ou le son pour produire des objets hybrides qui explorent la part de manque des images et leur relation au récit historique. D’abord photoreporter, il couvre les conflits majeurs de l’après-guerre froide. À partir du milieu des années 90, sa pratique s’éloigne du photoreportage. Il retourne sur les terrains de l’actualité (Rwanda, Palestine, conflits sociaux en France) avec d’autres exigences éthiques et plastiques pour proposer des formes susceptibles de traduire une autre réalité que celle qui nous parvient généralement par le biais des médias. Sa démarche se nourrit d’une réflexion sur la responsabilité des images et l’éthique du témoignage.
Ses travaux ont été présentés à la Dokumenta XI à Kassel (2002), à l’ICP à New York (2003), à Paris lors du Mois de la Photo (2010 & 2017), à l’Image Centre de Toronto (2024) et sont présents dans de nombreuses collections publiques et privées, dont le Fonds national d’art contemporain, le FRAC Auvergne, le musée Nicéphore Niépce, la Bibliothèque nationale de France, la collection Neuflize Vie ABN AMRO. Il est lauréat du Prix Lucien & Rodolf Hervé (2010) et du Prix Arcimboldo (2011).
Talashi
court métrage documentaire présenté AU festival cargo 2024
« Talashi est un mot de la langue arabe qui peut se traduire par : disparition, érosion, fragmentation. Talashi, c’est le titre que j’ai donné à un projet réalisé entre 2018 et 2020. Pendant ces trois ans, en Europe et au Moyen-Orient, je suis allé à la rencontre de Syriennes et de Syriens qui ont fui leur pays en guerre. Au fil de mes rencontres, j’ai collecté des photographies personnelles, j’ai écrit les histoires de ces images et de ceux qui me les ont confiées. »
Récit sobre et modeste à la croisée de l’intime et de l’Histoire, ce court métrage évoque une tragédie rendue paradoxalement invisible par trop d’images. Les mots et les photos souvenir qui le composent offrent un autre regard sur une société syrienne révélée au monde par un flot ininterrompu d’images de destruction et d’horreur jamais observé jusque-là. Inscrit dans le hors champs de ces images médiatiques qui ont colonisé nos imaginaires en banalisant l’horreur, Talashi laisse imaginer avec empathie la vie de gens ordinaires bouleversés par des événements extraordinaires.