Daesung Lee

Daesung Lee est né en Corée du Sud et vit à Paris depuis 2010. À partir de 2010, il s’éloigne de la photographie documentaire et adopte une approche basée sur des mises en scène pour rendre visible l’impact du changement climatique sur les sociétés. Ses deux séries « On the shore of a vanishing island » et « Archeologie du future » ont été primés (Prix Voies-off et Prix Lens Culture, Sony World photography awards et Prix Dahinden). Elles ont été exposées dans de nombreux festivals internationaux (dont Photoquai du Musée Quai Branly, La Gacilly en France) et publiés dans les médias du monde entier (Le Monde, Courrier International, The Guardian, The Washington Post, GEO Allemagne).

En 2017, il aborde la question des déchets nucléaires au travers d’une fiction documentaire « La forêt Rouge » qui a été finaliste du Prix des Amis du Musée Albert Kahn et exposée dans des festivals à Bourg-en-Bresse 2019 et Brest 2020. En 2022, il est invité par Magnum Photos à participer au projet artistique Saint Laurent « SELF 07 ». Il a réalisé une œuvre intitulée « Univers parallèle » qui a été exposée à Séoul. En 2023, il est l'un des 3 lauréats du prix Bourse du Talent avec son ouvrage Love Your Neighbours dont l'exposition s'est tenue à la BNF en décembre 2023.

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sur le rivage d’une île qui disparaît
(on the shore of a vanishing island)

série présentée au festival cargo 2024

L’île de Ghoramara se situe à l’Ouest du delta du Bengale. Suite au réchauffement climatique et à l’élévation du niveau de la mer qui a débuté dans les années 60, le rivage de cette île est emporté, petit à petit, à chaque marée. Depuis les années 80, c’est plus de 50% du territoire de l’île qui a disparu et 2/3 de la population qui a dû quitter l’île.

Les 2 000 habitants de l’île sont pour la plupart des paysans ou des pêcheurs. Ils dépendent pour leur subsistance des ressources de l’île. D’ici 20 à 25 ans, le gouvernement indien pourrait décréter l’abandon de l’île. Un plan d’évacuation des habitants vers l’île de Sagar est déjà prêt. Pour autant, ce plan ne prévoit aucune indemnisation qui puisse aider les habitants à refaire leur vie.

Le rivage de Ghoramara porte les traces d’un monde disparu. Avec le recul du littoral et la disparition de la végétation, il apparaît un paysage à la beauté étrange. J’ai fait le choix de faire poser les habitants sur le rivage ce qui rend la beauté des lieux encore plus irréelle. Et pourtant ces scènes sont bien réelles. Elles témoignent d’un monde qui va disparaître. Elles illustrent le sort tragique de ces habitants qui n’auront un jour d’autre choix que de quitter leur île. Un jour, cette île où ils ont vu le jour, ne sera plus qu’un souvenir. La mer engloutit leur passé alors que leur futur semble bien incertain.