Evangelia Kranioti

Evangelia Kranioti est une artiste visuelle et réalisatrice grecque basée en France. Son travail embrasse le cinéma, la photographie et l’installation. Diplômée de droit (Université nationale d’Athènes), d’arts visuels (École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris) et de cinéma (Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Atelier Scénario de La Fémis), elle est lauréate de nombreuses bourses et prix et a reçu le soutien d’institutions telles que Fondation Basil & Elise Goulandris, Fondation Marc de Montalembert, Ministère de la Culture, Ministère des Affaires Étrangères, Centre Méditerranéen de la Photographie, Cité des Arts de Paris, Fonds de Dotation Agnès b. entre autres.

Son premier long métrage documentaire Exotica, Erotica, Etc., présenté en avant-première au Forum de la Berlinade 2015, a reçu plusieurs prix, notamment deux prix Iris de l’Académie hellénique du Cinéma et le prix du public au Festival Films de Femmes de Créteil. En juillet 2019, son exposition personnelle Les vivants, les morts et ceux qui sont en mer présentée lors de la 50e édition des Rencontres de la Photographie d'Arles a été saluée par la presse internationale et a reçu le prix Madame Figaro / Women in Motion. Evangelia Kranioti a été boursière résidente à la Villa Médicis, Académie de France à Rome en 2021/2022.

 
 

Exotica, Erotica, Etc.

série présentée au festival cargo 2023

Evangelia Kranioti a embarqué seule, durant plus d’une dizaine d’années à bord de tankers, cargos et porte-conteneurs de la marine marchande grecque. Ses traversées, – de la mer Noire à l'océan Pacifique et du pôle Nord au détroit de Magellan, à travers vingt pays –, lui ont permis d’établir une proximité avec un milieu essentiellement habité par des hommes, relégués dans l’invisibilité du commerce maritime et celui de l’échange érotique tarifé.

À travers ses photographies, films et vidéos, et sans jamais céder à un esthétisme facile ou à un évangélisme déplacé au regard de la condition âpre des marins et des prostituées, l’artiste délivre des instants de grâce qui se cristallisent dans l’éblouissement d’une image suspendue entre rêve et réalité. Sans doute partage-t-elle avec les marins qu’elle a rencontrés, l’idée qu’il y a une vérité qui ne peut être trouvée qu’à la surface des eaux, car la mer est le milieu concret d’un type d’hommes qui ne vivent pas comme les terriens et qui ont un langage différent. Les marins sont toujours dans le départ, à terre, ils ne font que passer. Ainsi dans l’argot des matelots grecs traverso désigne la traversée. C’est aussi le titre d'un recueil de poèmes de Nikos Kavvadias qui, avec Homère, lui ont inspiré ce périple.