Filip Dujardin
Filip Dujardin est né à Gand, en Belgique, où il vit et travaille aujourd'hui comme photographe d'architecture et artiste visuel indépendant. Après avoir étudié l'histoire de l'art puis la photographie, il a travaillé comme assistant technique du photographe Magnum Carl De Keyzer et collaboré avec le photographe Frederik Vercruysse. En 2008, Dujardin présente pour la première fois à BOZAR/Bruxelles sa série « Fictions », une collection de photocollages numériques d'architectures imaginaires. En 2011, l'œuvre a été achetée par le MoMA et le Metropolitan Museum of Art de New York et de San Francisco. Une première monographie a été publiée en 2014 intitulée Fictions 2007-2014. En 2016 il participe à la Biennale d'Architecture de Venise et, en 2018, à la Biennale d'Architecture de Chicago. Des expositions personnelles suivront à la Galerie Van der Mieden, à Anvers, au Musée d'Art Contemporain de Katowice, en Pologne, à Nantes, San Francisco, Amersfoort et Bruxelles. Avec Memorabilia, exposition personnelle à la Galerie Valerie Traan (Anvers), Filip Dujardin présente pour la première fois une série d'objets.
« Toutes mes créations donnent l’impression qu’elles auraient pu être construites, c’est juste que vous ne les avez jamais vues », s’amuse Filip Dujardin, photographe belge né à Gand en 1971. Mais derrière l’exercice de montage numérique virtuose associant de nombreux clichés de fragments de bâtiments existants (jusqu’à 150 sur une image), se cache autre chose que de simples facéties. Avec ses images où tout est faux, mais uniquement avec du vrai, il nous interpelle de manière ironique sur la surenchère de la photographie d’architecture contemporaine – surtout quand sur certaines images on devine des références à des œuvres d’auteurs célèbres comme Frank Gehry. Critique bienveillante, l’approche de Filip Dujardin s’offre au regard du public à travers un univers de constructions qui assume pleinement un héritage surréaliste.
fictions
série présentée au festival cargo 2022
« Cette série de photographies est composée de montages numériques, eux-mêmes réalisés à partir d'images de fragments de bâtiments réels. Ceux-ci ont été réarrangés dans une structure fictive. J'utilise divers thèmes comme fil conducteur pour réaliser ces constructions imaginaires. Tout d'abord, il y a ma fascination pour l'architecture en tant qu'objet physique dans l'espace. Un bâtiment est une sculpture avec sa propre silhouette, certaines proportions et dimensions. L'apparence expressive qui en résulte est toujours mon point de départ. Les typologies ou architypes de l'architecture (mur, toit, fenêtre et porte) sont la base avec laquelle je travaille. En les réorganisant selon ma propre logique, je constitue une grammaire architecturale personnelle, avec des connotations surréalistes ou légèrement humoristiques (…) Finalement mon travail se situe à la frontière entre fiction et réalité sans toutefois tomber dans la science-fiction. On pourrait dire que l'image est la suggestion d'une réalité impossible qui est trop abstraite pour être vraie mais en même temps assez réaliste pour être fictive. Par une méthode de travail photo-réaliste convaincante, les photographies ont un effet déroutant sur le spectateur et questionne son statut d'icône du réel. »