Myr Muratet
Myr Muratet est né et vit à Paris. Il est lauréat de la grande commande Photojournalisme de la BNF. « Son travail photographique implique la ville, celle où il vit, celle où il va, mené depuis ses crans. Multipliant les allers et retours dans les lieux observés et au gré des rencontres avec les personnes photographiées des années durant. Plus récemment, et sans pour autant interrompre les séries entamées, Wasteland, CityWalk, Calais sont des recherches en cours autour des notions d’occupation et d’invasion menée dans les friches urbaines de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs. Il s’agit peut-être de dresser et de dépasser la figée photographique d’une concaténation systématique de systèmes de contre-insurrection : les intersections de ces différentes séries cristallisent les enjeux de domination et d’abus de tous les pouvoirs, numériques, économiques, esthétiques ; dérisoires TOUJOURS effectifs, soit un chant de condensation pour les espaces meurtris et les espèces qui les habitent : Cantos de mala compensación. »
Manuel Joseph (extraits)
calais, 29km d’un dispositif de haute sécurité
Paris-Nord
séries présentées au festival cargo 2024
calais, 29km d’un dispositif de haute sécurité
Couloirs de clôtures surmontées de barbelé concertina (lames tranchantes serties sur un fil d’acier) qui interdisent les accès au port et au terminal d’Eurotunnel. Le creusement de douves, le déboisement et l’inondation des terrains aux abords du terminal gênent la progression des personnes, facilitent la surveillance et l’intervention des forces de l’ordre.
Avec ce travail, Myr Muratet s’est attaché à montrer le dispositif sécuritaire déployé autour et jusque dans la ville de Calais pour empêcher et contraindre toute personne, réfugié ou autre, qui souhaiterait accéder au port ou au terminal d’Eurotunnel. De fait, avec ce dispositif, c’est la population de Calais et son paysage qui se trouvent cernés par des kilomètres de clôtures.
Paris-Nord
En contrepoint à ces paysages du Calaisis, des photographies montrent le quartier de la Chapelle au nord de Paris où des réfugiés en transit attendent un moyen de rejoindre Calais, puis l’Angleterre et les dispositifs mis en place pour les « contraindre ».